03 Déc 2014
  • Conférencier: Anne NIERES

Le portrait à l’épreuve de la photographie au XIXe siècle

L’invention de la photographie n’a pas entraîné la disparition de l’art du portrait peint mais bouleverse le genre pictural. Avec le portrait photographique, le XIXe siècle ouvre l'âge démocratique de la représentation de soi et détache les artistes de la fonction commémorative inhérente au portrait. Approche distancée de la personne et préoccupations purement plastiques sont autant de signes de la modernité.

Dès le XVe siècle, avec la maîtrise progressive de la peinture à l’huile, le portrait s’érige en genre autonome. Qu’il soit en buste, de trois quart, de profil ou en pied, le portrait illustre la recherche concomitante de l’identité physique et sociale. De genre varié le portrait peut être d’apparat, réaliste, allégorique, psychologique ou simplement de famille, sans omettre l’autoportrait authentique mise à nue de son auteur.

À la vue de son portrait peint par Picasso, Gertrude Stein fut désagréablement surprise et fit remarquer à l’artiste que cela ne lui ressemblait guère. Ce à quoi Picasso aurait répondu qu’elle n’avait pas à s’en soucier, car elle et son portrait finiraient bien par se rencontrer. Elle lui ressemblera, en effet, dans sa vieillesse – les photos l’attestent. Picasso n’avait fait que de devancer l’implacable usure du temps.

Tel est le parcours que nous propose Anne Nières au long de 5 conférences couvrant cinq siècles de portraits.

Anne NIERES, conférencière d’histoire de l’art